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Comment fais-tu pour demander une réorientation d’un jumelage franco-israélien ?

Pour ce faire, tu peux te rapprocher d’associations locales éventuellement sensibilisées voire mobilisée sur le sujet, par exemple l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix). Il convient aussi de qualifier la disposition du Maire. Cela te permettra de personnaliser ta lettre de demande de RV. Une fois personnalisée, tu envoies la lettre type ci-dessous, par voie postale et par courriel, au Maire de ta ville. Quatre à cinq jours plus tard, il convient de rappeler le bureau du Maire pour la prise de RV.   A propos de la réorientation du jumelage Antibes – Eilat au profit des gazaouis, voir le mode d’emploi (courriers utilisés, documents, liste des villes jumelées, les huit propositions, etc.) sur la chronique ci-après, cliquer ici     Lettre type ci-dessous Lieu, date   Nom et coordonnées                                                                                       Nom et coordonnées du demandeur                                                                                                        du Maire     N° national d’électeur XXXXXX Objet : Scolarité à Gaza, demande de Ré Orientation du jumelage de la ville VVVVV avec celle de EEEE (Israël)     Monsieur le Maire,   Parmi les quarante-trois villes françaises jumelées avec des villes israéliennes, du fait du contexte défavorable, certaines ont gelé leur jumelage. Pour contribuer à la Paix, par l’éducation, plutôt que l’arrêt de ce jumelage, permettez-moi de vous proposer sa réorientation. En effet, les 800 000 enfants palestiniens survivants traumatisés à Gaza n’ont plus d’écoles. Parmi les enseignants gazaouis il y a plus de 300 tués dont des présidents d’université. Les quatre universités gazaouis et les écoles sont en état de décombres recouvrant des cadavres. Les élèves et étudiants ont été privés de rentrée scolaire. Cela les livre au fanatisme et à la violence, une bombe à retardement pour la prochaine décennie. Dans ce contexte, dans une perspective de pacification, il me semble urgent de réorienter le jumelage dans le domaine éducatif. Concrètement il s’agit de fournir des baraquements pour des salles de classe, de l’eau et de l’électricité, aussi des professeurs arabophones. Ils sont nombreux dans les villes israéliennes proches de Gaza : Ashkelon, Ashdod, Beersheba, Yaffa et Eilat. La réorientation du jumelage VVVV – EEEE pourrait servir de signal, d’encouragement à un processus pacifique et éducatif. Vous en seriez l’initiateur reconnu à terme comme facilitateur de Paix. Bien sûr je me rends disponible à toute sollicitation pour la réflexion et la mise en œuvre. Dans l’attente de votre avis, Avec ma meilleure considération, MMMMM, 0788888888 Responsable (auteur, membre, citoyen, directeur, président …) de ….

Alors dis-moi de quelles villes s’agit-il ? Je suis peut-être dans une de ces 43 villes. Sinon, je pourrais en parler à un de mes amis. Je pourrais aussi en parler au Maire de ma ville pour faire un jumelage « scolarité » entre sa ville et une ville israélienne !

LISTE DES 43 JUMELAGES AVEC DES VILLES ISRAÉLIENNES Aix-en-Provence & Ashkelon Antibes & Eilat Antony & Sdérot Besançon & Hadera Bordeaux & Ashdod Boulogne-Billancourt & Raanana Bussy-Saint-Georges & Kiryat Ekron Charenton-le-Pont & Zihron Yaakov Compiègne & Kiryat Tivon Créteil & Kiryat-Yam Grasse & Pardes Hanna-Karkur Grenoble & Rehovot Issy-les-Moulineaux & Nahariya La Garenne-Colombes & Yoqneam Le Grand-Quevilly & Ness Ziona Le Raincy & Yavne Lille & Safed Lyon & Beer-Sheva Marseille & Haïfa Maurepas & TTirat-Carmel Meudon & Mazkeret-Batia Montpellier & Tibériade Mulhouse & Givatayim Nancy & Kiryat Shmona Nice & Netanya Nîmes & Rishon LeZion Perpignan & Ma’alot-Tarshiha Puteaux & Gan Yavné Ris-Orangis & Tel Mond Rueil-Malmaison & Kiryat-Mal’akhi Saint-Amand-les-Eaux & Dimona Saint-Étienne & Nazareth Illit Saint-Mandé & Acre Saint-Maur-des-Fossés & Ramat Hasharon Saint-Raphaël & Tibériade Sarcelles & Natanya Strasbourg & Ramat Gan Sucy-en-Brie & Ofakim Suresnes & Holon Toulouse & Tel Aviv Valence & Guedera Vanves & Rosh HaAyin Villeurbanne & Bat Yam

Tu me parles de ré orienter les jumelages entre les villes françaises et israéliennes. Est-ce que tu y crois ? A quoi ça sert ? Pourquoi tu ne demanderais pas de les geler ?

Le gel des jumelages est une occasion manquée pour les rendre utiles à la Paix. En effet, huit cent mille enfants Palestiniens gazaouis errent entre décombres et cadavres. Des « terroristes » en puissance ? Leur scolarité ne devient-elle pas une urgence ? Les préfabriqués, l’électricité, l’eau et les enseignants arabophones sont à proximité. Ils sont dans les quarante-trois villes israéliennes jumelées avec les villes françaises. Idem pour les douze villes Palestiniennes. En vue d’une scolarité digne, la réorientation de ces jumelages est dans les mains de cinquante-cinq maires de la France, 43 avec des villes israéliennes et 12 avec des villes Palestiniennes. Sous votre leadership, ces maires activeront avec leurs homologues sur place, les ressources déjà disponibles. Elles sont à moins de 40 minutes en voiture de Gaza. Qu’ils disent oui ou non, cette opération est un déclencheur de prise de conscience, une pédagogie concrète pour les deux maires, un pas vers une Paix authentique, équitable et durable.

Bon, il y a plein de destruction à Gaza, mais à part des immeubles et des baraquements, il n’y avait pas grand-chose d’autres. Et, quand même Israël est l’armée la plus morale du monde. Ils préviennent avant de bombarder et ne touchent pas au Patrimoine.

Loin de là, l’armée israélienne a montré une attention toute destructrice vis-à-vis du Patrimoine plurimillénaire. Fadel El Otol est un archéologue responsable dans le programme INTIQAL (programme de préservation du patrimoine archéologique) de la restauration et de l’entretien des sites archéologiques. Il dirige une équipe de cinquante et un archéologues (6 à Gaza Nord, et 45 dans le sud). Les subventions internationales leur permettent de recevoir des salaires malgré les destructions actuelles, humaines et structures). Et pour cause, il s’agit du patrimoine universel notamment les vestiges romains, les églises et les mosquées. Les lieux de prière anciens et récents ont totalement ou partiellement détruits. Les vestiges romains faisaient déjà l’objet de fouilles et restauration. Par suite du passage des tracteurs monstres, les D9-Catrepillar, leur défonce des cimetières et autres travaux de terrassements, la tâche des archéologues est encore plus difficile. Fadel estime à plus de 16 millions de dollars, le budget nécessaire pour retrouver et restaurer un minimum de vestiges anciens. Un colloque tenu en septembre 2024, rappelle ci-dessous l’historique et l’impact des destructions par l’armée israélienne du Patrimoine à Gaza. « Conçue comme un passage vers l’Égypte il y a 3 000 ans avant J.-C., Gaza est souvent considérée comme un carrefour des civilisations. Cette bande de terre longue de 40 km possède en effet un héritage archéologique et historique unique : Gaza abrite les vestiges de l’une des plus anciennes villes du Proche-Orient, une capitale cananéenne de l’époque hyksos (vers 1 600 av. J.-C.), un centre de la pentapole philistine, une garnison égyptienne ramesside avec son cimetière de mercenaires (1 200 av. J.-C.), un port phénicien, l’un des plus grands monastères byzantins de la région Umm el-‘Amr-Nuseirat (monastère d’Hilarion), ainsi qu’une vieille ville mamelouke et ottomane (XIIIe-XIXe siècles). Si plusieurs facteurs, notamment liés aux turpitudes de la politique palestinienne, ont pu peser sur la préservation de ce patrimoine extraordinaire, les agressions militaires israéliennes répétées contre Gaza depuis 2008-2009 ont causé des dommages parfois irréversibles. Après le 7 octobre, les bombardements délibérés contre le patrimoine ont de nouveau posé avec acuité la question du génocide culturel, que l’Afrique du Sud a inclus dans son dossier auprès de la Cour internationale de Justice. À partir d’images satellitaires, l’UNESCO a recensé des destructions sur une centaine de sites, dont le palais al-Bacha, le musée sur l’ancienne cité grecque d’Anthedon, la mosquée al-Omari et l’église de Jabaliya el-Mukheitim, qui, avec le monastère de Saint Hilarion, représentent les principaux vestiges de la bande de Gaza datant de l’époque byzantine. Des vidéos montrant des soldats dans l’entrepôt de l’École biblique et archéologique française (Ebaf) ont également confirmé des pratiques de pillage en cours depuis des décennies, nombre d’objets venus des Territoires Palestiniens Occupés ayant depuis longtemps été localisés dans plusieurs musées en Israël. À l’instar des hôpitaux et des écoles, Israël mobilise l’argument de terrorisme pour justifier ses attaques contre ces sites, présentés comme des caches d’armes du Hamas. Ces destructions et pillages s’inscrivent pourtant bien dans des pratiques d’effacement des Palestiniens et de leur histoire, en cours depuis 1948. On sait en effet à quel point l’élimination physique des Palestiniens s’est accompagnée d’une dépossession matérielle et d’un remodelage du paysage afin d’éliminer tout ce qui, dans l’espace, exprimait la relation palestinienne à la terre. Le patrimoine et la culture sont donc loin d’être déconnectés de la vie sociale du groupe ; ils sont, pour reprendre les mots de René Elter, « des éléments forts de la structuration des individus et de leur épanouissement ; des lieux d’appropriation, d’histoire, de culture, de tolérance et de transmission ». Ces tables rondes se proposent donc, grâce aux travaux et témoignages des plus éminents chercheurs et spécialistes du patrimoine de Gaza, de rappeler la richesse et la diversité de cet héritage culturel, en soulignant l’importance de préserver 5 000 ans d’histoire et de mémoire. » Le site « Gaza, inventaire d’un patrimoine bombardé » maintient à jour : Une liste en cours des sites partiellement ou totalement détruits (à partir de plusieurs sources, notamment les listes fournies par l’UNESCO). Des fiches relatives à chaque site touché (description, histoire, état actuel du site, références tirées de la bibliographie scientifique, sources iconographiques. Une carte réalisée au sein du laboratoire géographie-cités localisant avec une grande précision les sites répertoriés.   Pour consulter l’état des lieux, faire part de vos demandes voire vos aides voir directement sur https://gazahistoire.hypotheses.org/

Tu veux faire payer l’Occident, qui des pays arabes ? D’ailleurs pourquoi ils ne prennent pas les Palestiniens chez eux ?

Tu pourrais retourner la question : pourquoi ne pas intégrer les juifs dans leurs pays d’origine, tant en Europe, qu’ailleurs dans le monde y compris dans les pays arabes Comment peut-on affirmer en même temps que 1947, c’est déjà trop loin pour revendiquer un droit de retour, mais que 2000 ans, ce n’est pas trop long ? Depuis 1948, les « arabes » en train de sortir de leur propre colonisation ont failli à leur solidarité de voisinage, la Palestine en train de se faire coloniser par l‘émigration massive et rapide des juifs fuyant le racisme anti-juif européen. Aujourd’hui, économiquement affaiblis sauf ceux du Golfe, ils sont plus soumis que jamais à leur propre sort et aux puissants de ce monde. Culturellement fatalistes…ils en appellent au bouc-émissaire de service. Ils confient à Dieu leur propre destin et celui plus tragique des Palestiniens. Si un pays arabe voisin accueille les Palestiniens, ne serait-ce pas une complicité de spoliation, de colonialisme, de racisme ? Être complice d’arracher un peuple de sa terre, n’est-il pas aux confins de l’Humanité ?

OK il va falloir reconstruire. As-tu une idée des coûts ? Comment ça va se faire ? Qui va payer ?

L’histoire de la spoliation dure depuis soixante-dix ans. Pour la traiter, regardons les trois segmentations ci-dessous. La spoliation massive datant de 1948. Une paix équitable et durable passe par la restitution, ou la réparation immobilière, mobilière et financière des destructions des biens des 100 000 familles concernées par les expulsions depuis 1948.  Les experts israéliens Eitan Bronstein Aparicio et Eléonore Merza Bronstein ont réalisé l’inventaire pour la phase massive d’expulsion de 1948[1]. Estimation : un million de dollars par famille, ou une indemnisation comportant une maison, un terrain de 500m², la scolarité gratuite pour les jeunes de moins de dix-huit ans et une formation professionnelle d’un an minimum par adulte. Chaque prisonnier palestinien sans exaction de fait commun avérée recevra une somme de 10 000 $ et 300 $ par jour d’emprisonnement. La spoliation depuis 2000 par suite de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est La restitution ou l’indemnisation concernant la Cisjordanie et Jérusalem-Est pourrait s’articuler de telle sorte que chaque famille israélienne illégalement installée en Cisjordanie finance une maison et un terrain pour une famille palestinienne spoliée, ou verse un forfait de 30 000 $ par famille. Chaque colon arracheur d’olivier replantera un olivier du même âge, et indemnisera le paysan Palestinien concerné par un hectare arable par arbre. Chaque colon voleur de bétail rendra le bétail volé et indemnisera d’un hectare pour dix têtes volées. Ces mêmes colons procéderont ou financeront la démolition des murs de séparation et autres check points militaires installés pour faciliter leur expansion illégale.  La spoliation destructrice et à répétition (2002-2009-2014-2024) à Gaza Concernant les Palestiniens de Gaza, chaque survivant d’une famille victime du nettoyage ethnique touchera une indemnité de 15 000 $ de soin, de reconstruction personnelle et bénéficiera d’une formation professionnelle en vue d’un job pré-identifié. La reconstruction concerne 20 000 immeubles, 200 écoles, cinq universités, deux centres de recherches (eaux côtières, énergie),120 lieux de prière et cimetières, 50 édifices publics, cinq stations de désalinisation d’eau de mer, trois stations d’assainissement et réseau d’eau potable, deux centrales électriques, , les édifices historiques du Patrimoine, un port en eau profonde, pour cargo et tanker de 80 – 100 000 tonnes, et équipé d’un double brise-lame, une zone de production d’industrie d’équipement et de logistique associée au port, un aéroport pour lignes internationales, tour de contrôle, une station principale de chemin de fer vers le Sinaï, vers Jérusalem et Amman, vers Beyrouth-Damas, un réseau de routes et autoroutes suivant les directions ci-dessus. D’après les estimations de l’ONU communiquées en mai 2024, la reconstruction de Gaza coûterait entre 30-40 milliards de dollars. Elle pourrait se faire avec les fonds libérés des « obligations militaires » américaines rendues caduques par une paix authentique, équitable et durable. Pour amener la Paix et fiabiliser cette nouvelle entité en cours de constitution, la contribution de la France serait d’en prendre une part, financière et technique, et d’impliquer les pays francophones, l’UE et les USA. [1] Réf sur https://diversite-performance.com/wp-content/uploads/2024/05/Eitan-Bronstein-Aparaccio_Resume-des-massacres-sionistes-en-1948-et-avant.mp4

Une question : es-tu pour le partage par l’ONU DE LA PALESTINE EN 2 ETATS ? Si la réponse est oui on peut continuer la conversation si la réponse d’est non on n’a rien à se dire !

Tu vois bien que de facto il n’y a plus qu’un seul état. Dans un drôle d’état certes, néanmoins un seul et pas deux, ni d’ailleurs trois ni quatre. Cet état a défini cinq statuts différents pour les Palestiniens suivant les zones sous juridiction israélienne. Cela s’appelle du racisme. Cet état intègre Gaza anéantie, Jérusalem-Est étouffée, la Cisjordanie en cours de nettoyage ethnique. Cela s’appelle les funérailles du peuple autochtone, le Peuple Palestinien. Cet état avait déjà annexé le Golan ; il est en train d’annexer une zone supplémentaire vers l’Est. Des colons israéliens, sont déjà venus sur place pour repérer des zones à annexer. La semaine dernière, en chipant le versant syrien du Mont Hermon, cet état s’est approprié les sources d’eau du Jourdain et du Litanie. Cela s’appelle du vol. La question n’est plus un ou deux états. Désormais, dans le cadre d’un seul état, le défi est pour les peuples en présence, celui d’une paix authentique, équitable et durable. Pour ce faire, comment transformer cet état colonialiste, expansionniste, raciste et génocidaire en état respectable respectueux des autochtones, respectueux du Droit International, respectueux de ses voisins et intégratif de tous les peuples en présence. De quelle gouvernance a-t-il besoin pour que les gens puissent vivre ensemble et se valoriser mutuellement. Comment transformer ce pays-ghetto voué à la guerre éternelle en un pays pacifique, avec pour ambition de devenir une référence mondiale, sociétale et économique. Les nouvelles générations méritent autre chose que la promesse d’un Massada. Allez, déchaine ton humanisme et ta créativité pour nos petits-enfants. Qu’en penses-tu?

Parmi les ONG présentes sur place, lesquelles sont compétentes en matière de santé, soins, aide humanitaire ? Lesquelles sont équipées pour faciliter les téléconsultations par internet ? A quelles ONG puis-je faire des dons et être sûr que cela arrive à Gaza ?

C’est un peu difficile de dire lesquelles sont compétentes ou non. Ce que l’on sait par exemple c’est que MSF médecins sans frontières est une ONG française qui a une expérience de plusieurs décennies et qui a pu rester sur le terrain. Il y a bien sûr la croix rouge qui a créé avec le croissant rouge (équivalent croix rouge au Moyen-Orient) une plateforme commune. On vient de voir que c’est le croissant rouge qui a assuré le transfert des premiers otages libérés. Médecins sans frontières (MSF) sur son site fait un rapport le 19 décembre [1]https://www.msf.org/life-death-trap-gaza-palestine, où il inventorie le nombre de mort, de blessés et de déplacés (cf. tableau). Il décrit les « attaques ou violents incident » dont bombardements sur les centres de santé, qu’il dénombre à plus d’une quarantaine. Au total 17 hôpitaux sur 36 dans lesquels MSF est impliqué continuent à pouvoir partiellement fonctionner. Il décrit les difficultés d’approvisionnement en eau, nourriture et fuel, et les répercutions en termes de risque de famine et malnutrition. On trouve toujours sur le site de MSF les newsletters (3à4 par mois) qui permettent de suivre la situation. OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ou WHO (World Health Organisation), sur son site a plusieurs rubriques incluant tableaux de bord (dashbords [2]), qui diffuse cartes et graphiques sur les moyens sanitaires déployés, les pathologies médicales utilisées comme indicateur de conflit (traumatismes critiques, urgences chirurgicales par exemple) ;un lien vers une Cellule de coordination d’urgences médicales (2 centrales à Gaza et au Caire), EMTCC pour Emergency Medical Team Coordination Team On comprend qu’il existe une Emergency Medical Team de l’ OMS et une Emergency Medicale Team Nationale pilotée par le bureau des territoires palestiniens occupés, travaillant en collaboration. L’OMS met aussi une librairie online où l’on trouve des pdf sur des manuels de prise en charge des pathologies spécifiquement rencontrées, à l’usage des soignants (brûlures, pathologies des membres rencontrées lors des conflits et catastrophes…)-https://experience.arcgis.com/experience/6711b735edb44a02b6403dea20238437/page/Page/?views=Library   Rassemblement des médecins palestiniens en Europe (dont PalMed France)[3] a son siège à Paris, avec un groupe de médecins francophones/français important   Médecins du Monde décrit sur son site comment il intervient avec des équipes mobiles dans les camps de réfugiés à Rafah : https://www.medecinsdumonde.org/actualite/gaza-medecins-du-monde-deploie-des-equipes-mobiles-a-rafah/   MAP: Medical Aid for Palestinien https://www.map.org.uk/ , créée en 1982 avec son siège au Royaume Uni.   Le réseau mondial pour les soins psychiatriques Palestine-Global Mental Health Network         [1] https://www.msf.org/life-death-trap-gaza-palestine [2] https://experience.arcgis.com/experience/6711b735edb44a02b6403dea20238437/page/Page/?views=Deployment-overview- [3]

Il parait que le cerveau réagit lors d’une grande violence. Tant celui du témoin que celui de la victime. Il paraît que c’est un mécanisme d’autodéfense à court terme, mais qu’il dérègle profondément l’être humain. Que le traumatisme dégrade la qualité relationnelle des victimes, qu’il émerge 20-30 -40 quarante plus tard… avec d’autres dégâts. Est-ce que cela concerne les deux millions de Palestiniens de Gaza ? Qu’est ce qui est préconisé pour soigner et pour éviter ce type de conséquences ?

Oui c’est sûr qu’à une grande violence psychique, le cerveau réagit et tout le corps avec ! On parle de trouble du stress (sous-entendu stress de nature psychique) post-traumatique (sous-entendu le traumatisme psychique).   Comment s’est développé la connaissance sur ce sujet? Plusieurs grands conflits ont permis de mieux le décrire et le comprendre, que ce soit lors de la première guerre mondiale, la seconde guerre mondiale, la Shoah, la guerre du Viêt-Nam, la guerre du Golfe etc… en décrivant d’abord les formes les plus sévères et les plus chroniques[1]. C’est après la guerre du Vietnam qu’il a été plus précisément défini [2] et reconnu, en particulier par la communauté médicale psychiatrique américaine (American Psychiatric Association) , lors de l’édition DSM3 en 1980 (Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders).   Quelles sont les autre sources de stress psychique intense ? D’autres stress qu’une guerre peuvent être à l’origine d’un stress psychique intense, comme une catastrophe naturelle ou un viol. Il peut s’agir de la victime d’une agression mais aussi un témoin, ou même l’acteur lui-même (typiquement le soldat qui commet une violence mortelle au cours d’un combat). Il s’agit de troubles psychiatriques à type de souffrance morale avec des complications dites physiques, et souvent l’expression de l’angoisse générée, qui altèrent nettement la vie personnelle, sociale et professionnelle. La première blessure, elle vient du fait de revivre l’événement traumatisant (flash-backs, cauchemars) avec tout le cortège de symptômes d’angoisse et d’effroi que cela peut générer à nouveau (avec donc une réalité corporelle, dite somatique, que sont par exemple les sueurs, palpitation, maux de tête, difficultés respiratoires etc…).   Quels sont les mécanismes de « sauvegarde » ? Par ailleurs, il peut y avoir ce qu’on appelle une amnésie dissociative, c’est à dire que la victime a complètement effacé de sa mémoire certains pans entiers de l’événement traumatique, et çà c’est une sorte de mécanisme d’autodéfense, qu’on range dans la catégorie des symptômes d’évitement. Il y a aussi des comportements dits d’évitement pour éviter de penser à l’événement traumatisant ou de s’exposer à une situation ou environnement qui seraient de nature à faire penser à l’événement traumatique. Sur le long terme, cela peut induire de la dépression, des difficultés de concentration, des difficultés dans le vécu des émotions (sentiment de déconnexion des autres, d’insensibilité) et cela comporte bien évidemment des risques de problèmes relationnel avec son entourage personnel ou professionnel et de difficultés sociales.   Ce syndrome a plutôt d’abord été décrit chez les soldats pour plusieurs raisons : pragmatiques, les armées avaient besoin de faire le tri entre un soldat apte à poursuivre le combat de celui qui devait être évacué, et puis aussi pour différencier celui qui simulait – pour éviter de combattre et mourir – de celui qui ne simulait pas et présentait de réels symptômes d’ordre psychiatrique. Cela fait longtemps qu’il a été observé une assez grande variabilité interpersonnelle, c’est à dire que pour un même type d’événement traumatisant, une personne va développer des troubles du stress post-traumatique et une autre non. Ont été décrits plus récemment des dispositions d’ordre génétiques en particulier sur des gènes codant pour des neuromédiateurs (par exemple le gène transporteur de la sérotonine, celui codant pour le récepteur dopaminergique de type 2 ou encore sur la modulation noradrénergique le polymorphisme du gène GABRA2[3]). On peut comprendre aussi que les stress tels les attentats sont variables dans leur nature, leur intensité et leur répétitivité : par exemple le stress d’un attentat comme on les a connus à Paris il y a 10 ans, ne sont pas de même nature qu’une exposition à une guerre de tranchée pendant plusieurs années comme durant la première guerre mondiale. Ce qui s’est passé depuis octobre 2023 à Gaza a concerné une population qui était déjà dans des conditions de stress psychiques depuis des décennies.   Quels sont les cofacteurs possibles ? Certains auteurs se sont penchés également sur les hypothèses dites somatiques et pas seulement sur les facteurs psychiques des « syndromes de guerre », et ont identifiés plusieurs cofacteurs possibles[4] : 1/ Infectieuses (leishmanioses, fièvre Q, Brucellose, infections mycoplasme…) 2/ Réponse immunitaire anormale (réactivité Th1/Th2, réactivité cytokines, …) 3/ Vaccinations (généraux, ou contre agent biologiques de guerre) 4/ Effets secondaires de la prophylaxie contre le paludisme 5/ Anomalies neurologiques (par perturbation de la barrière hématoencéphalique, par neurotoxicité directe) 6/ Exposition à des agents toxiques (insecticides et pesticides, fumées, huiles en combustion, peintures toxiques, armes biologiques…) 7 /Facteurs environnementaux et de conditions de vie (humidité, froid, conditions sanitaires …). Quelle seraient les particularités de cette guerre à Gaza qui pourraient expliquer certains symptômes? Dans quelle mesure et dans quels délais seront nous en mesure de l’identifier, l’expliquer voire trouver des solutions thérapeutiques les plus appropriées ? Pour ce qui est de la partie thérapeutique, tout comme pour la traumatologie et la « chirurgie de l’avant », il y a le concept que pour les traumatisés psychiques de guerre, plus précoce était la prise en charge et le tri (quels sont ceux qu’il faut évacuer à l’arrière) meilleure était le pronostic ? Il y a deux grandes catégories de traitement, la psychothérapie et les traitements médicamenteux (comme certains antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, ou des bétabloquant utilisés contre le trac comme le propranolol…)   C’est évident que tout ce qui est entourage participe évidemment à aider à la reconstruction. On ne peut pas appliquer des solutions qu’on a dégagées pour notre population française après les attentats à une population palestinienne, car la culture est différente, les moyens sociaux sont différents, la relation patient soignant est différente.   Ce que l’on sait c’est que la parole, la pratique du sport de la musique sont bien sûr bénéfique. C’est difficile à dire, mais une fois le temps de la guerre fini, la reconstruction matérielle d’une maison, d’un champ à cultiver seront des atouts pour éviter de sortir de rester enfermé dans les troubles du stress post traumatique [1] La prise en charge des troubles psychiques de guerre, perspective historique au sein de la société médico-psychologique. G.Thomas et al, 2022

Les vidéos nous montrent des « gueules cassées », des manchots, des cul-de jattes, des enfants qui marchent dans les gravats sur leur moignons… Comment en est-on arrivé là ? Comment ça se répare ? Des prothèses ? Est-ce que les gens, les gamins souffrent de ça ? Est-ce que les amputations se font avec ou sans anesthésie ? Hier il y a eu soixante brûlés, comment on soigne les survivants ?

On en est arrivé là parce qu’il y a la guerre et toutes ses horreurs en termes de traumatismes :  balistiques avec les plaies par balles, écrasement par effondrement d’habitations sur les civils lors de bombardements, En cas de plaie, il y a un risque de surinfection, qui si elle est négligée s’étend voire ne répond plus aux antibiotiques et présente un risque mortel par septicémie, notamment avec des germes qu’on appelle anaérobie, qui donnent des gangrènes gazeuses. Plus tôt les plaies sont traitées par un simple parement chirurgical, pansements, soins locaux avec antiseptiques, plus ou moins antibiotiques, et moins elles sont à risque de complication. Ici il y a le problème du manque de structures de soins, mais aussi la difficulté d’y accéder, c’est à dire que le trajet en lui-même pour aller se faire soigner est dangereux, et par conséquent les victimes attendent avant de se faire soigner. A un certain stade, il faut amputer pour limiter l’extension de l’infection et espérer sauver la vie. Dans quelle mesure il y a eu des amputations un peu trop préventives, qui auraient pu être évitées, il est très difficile de le savoir. La médecine militaire avait décrit çà, la nécessité de soins précoces : la théorie de médecine de guerre dite « chirurgie de l’avant » et décrite par Larrey[1], chirurgien de Napoléon : au plus tôt les lésions étaient traitées sur le champ de bataille ou à proximité immédiate, et meilleur était le pronostic et donc le rétablissement de soldats en état de combattre à nouveau. Dans quelle mesure les Palestiniens ont eu accès à des premiers soins de traumatologie, en dispensaires, en hôpital ou par la débrouille et l’entraide avec des gens formés à des soins infirmiers sur le tas, qui ont permis d’éviter des complications graves et/ou des amputations, c’est difficile de savoir. Les brûlures liées aux incendies et aux explosions de combustibles font partie des lésions difficiles à soigner. En France ont été développées des unités de soins pour « grands brûlés ». La peau ne fait plus son office de barrière de protection vis à vis des agressions extérieures, en particulier des infections. La principale complication est la surinfection. [1] Dominique-Jean Larrey ou la providence du soldat, JV Shaal et al, 2010, Reanoxyo

LE CONTENU DU LIVRE

L’ouvrage comporte 290 pages avec 110 illustrations en couleur (cartes, courbes, photos).

    

Au début du livre je présente 27 affirmations courantes que je traite à la fin, exemples ci-dessus. Cela permet à chacun de vérifier sa grille de lecture.

Dans la première partie sur quatre, je fais des révélations personnelles et je livre des témoignages d’acteurs directement concernés. Les témoignages de la Diaspora Palestinienne sont présentés à la fin du livre.

Appuyé sur 180 références historiques, sociologiques, économiques, scientifiques, je procède à un diagnostic pour,

  • Décoder le mécanisme millénaire du rejet.

  • Faire l’inventaire des atouts, des ressources et des leviers disponibles.

  • Présenter une démarche de transformation opérationnelle éprouvée « out of the Box ».

LES DEUX PRÉFACIERS

Le 1er préfacier : Anwar Abu Eisheh est un Palestinien, Dr en Droit Civil. Il co rédige le Code Civil Palestinien. Ex-ministre de la Culture de l’Autorité Palestinienne, il initie en 2007 la campagne pour l’inscription réussie d’Hébron au patrimoine mondial de l’Unesco. Aujourd’hui, il anime l’Association d’échanges Culturels Hébron-France.

Le 2nd préfacier : Bernard Hacker, Lillois, est consultant international en dynamique des changements. Son grand-père, juif Roumain s’était réfugié en France en 1914 fuyant les pogroms soviétiques. Trahi par un collègue médecin, il se retrouve dans le convoi #63 pour être gazé à Auschwitz.

LA DISPONIBILITE DU LIVRE

La livraison se fait en moins de trois jours pour une commande passée directement chez le diffuseur : cliquer ici

Pour ceux qui préfèrent leurs canaux habituels, ce livre-outil est disponible chez votre libraire via le diffuseur susmentionnée et sur vos plateformes habituelles (Amazon, Cultura, Decitre, Fnac, Fnac.be, etc.)

Pour les Parisiens et les franciliens, le livre est disponible en rayon à l’Institut du Monde Arabe.

 

QUELLE SUITE AU LIVRE ?

Dans une perspective opérationnelle, suite à l’impression du livre, j’ai publié dix-neuf chroniques sur ce blog, voir en annexe ci-dessous.

Elles contiennent des révélations par les historiens israéliens de la nouvelle génération, des initiatives et des outils complémentaires à ceux du livre. C’est une invitation à se rendre utile en échangeant et en ajustant les approches.

Pour consulter et commenter les chroniques, cliquer ici 

Merci

AP Boulad, auteur du susdit livre-outil

ANNEXE

La liste ci-dessous va de la plus récente à la pplus ancienne.

  1. Gaza, Demande d’arrêt du jumelage Antibes – Eilat

  2. Gaza, La feuille de route pour Isaac Herzog Président d’Israël

  3. Gaza, Eradication des enfants

  4. Gaza, Des questions non posées

  5. Gaza, Déficience constitutive en Israël

  6. Gaza, Le culte de l’impasse du sionisme

  7. Gaza, Le sionisme dans la spirale de l’échec

  8. Gaza, Sionisme – La fascination du pire

  9. Gaza, Le bruit d’une porte … Puis rien.

  10. Gaza, Le port provisoire humanitaire américain, chewing-gum ou Coca Cola ?

  11. Gaza, France … écoute les sept colères de ta jeunesse !

  12. Gaza, Lettre ouverte à Yves Thréard – Le Figaro

  13. Gaza, France … Lève-toi et marche !

  14. Gaza, Quel type de bande a créé la bande de Gaza ?

  15. Gaza, Lettre ouverte au Président de la République – Emmanuel Macron

  16. Gaza, D’un « lieu sans porte », l’ultime libération de Walid Daqqa

  17. Gaza, Les briques fatales du sionisme – Déconstruire pour un nouvel horizon

  18. Gaza, Le choix – Lettre ouverte à Ofer Bronchtein conseiller auprès du Pdt Macron

  19. Gaza, 1956 le constat du général Moshe Dayan

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